Des douze missions en compétition dans programme New Frontiers de la Nasa pour un financement et un lancement en 2025, il n’en reste que deux : une nouvelle visite à la comète Tchouri (celle de Rosetta), avec retour d’échantillons, et une exploration de Titan. Bientôt, il n’y aura qu’un gagnant.

Au printemps 2019, la Nasa va devoir choisir entre un retour sur Titan ou sur la comète Churyumov-Gerasimenko. Il y a quelques jours, l’Agence spatiale américaine a en effet dévoilé les noms des deux finalistes de son programme d’exploration planétaire New Frontiers. Une seule de ces deux missions sera retenue et financée à hauteur de 850 millions de dollars en vue d’un lancement à l’horizon 2025.

La mission Caesar vise à rapporter sur Terre un échantillon de la comète Churyumov-Gerasimenko, afin de mieux comprendre l’origine de la formation de la Terre et de ses océans, ainsi que l’apparition de la vie. Cette comète n’est pas inconnue. Elle a été étudiée avec le succès que l’on sait par la sonde Rosetta de l’ESA qui y a posé le module Philae lors d’un impact contrôlé et inédit. Si la Nasa décide de ne pas choisir cette mission, il est très probable que l’Agence spatiale européenne ou la Chine décident de financer une mission similaire (M5 pour l’ESA).

Comme nous l’explique Francis Rocard, le directeur au Cnes, « Caesar est la suite logique de Rosetta : je me doutais bien qu’une telle mission allait être décidée ». La difficulté est la température à laquelle il faut maintenir les échantillons. « C’est ce qui a tué la mission CNSR, ancêtre de Rosetta, qui prévoit un retour d’échantillon cométaire. » Mais comme l’instrument Rosina a très bien travaillé, « il est possible de se focaliser sur la partie réfractaire de la comète, car Cosac, sur Philae, n’a pas pu faire de mesures, et c’est certainement ce qui nous manque aujourd’hui ». D’où cette mission Caesar, beaucoup plus simple, qui « rapportera des échantillons à température ambiante ».

Quant à DragonFly, il s’agit d’un engin tenant du drone et de l’hélicoptère, qui explorerait la chimie prébiotique et l’habitabilité de dizaines de sites sur la lune géante de Saturne, Titan. Pour Francois Raulin, chercheur au CNRS et spécialiste d’exobiologie et de Titan, « c’est une excellente mission par son originalité (utilisation d’un drone) et par ses objectifs scientifiques : entre autres, analyser in situ la surface de Titan, en différents endroits, et avec des instruments d’analyse performants, ce que Cassini-Huygens n’a pu faire ».

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KeyKeeper

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Ingénieur en mécanique adorant la technologie. Née avec un Comodor64. Ma première ligne de commande :10 PRINT"HELLO!"RUN